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L’Info Pro #4 de l’Asso

  • Vie de l'Asso

LA GESTION DE LA TRÉSORERIE DE L’ENTREPRISE 

REMARQUES ET CONSTATS – CONSEILS

N’oubliez pas : la trésorerie est le carburant de l’entreprise.
Dès que le réservoir est vide, le véhicule est à l’arrêt…

  • Il faut toujours anticiper ses besoins de trésorerie. N’hésitez pas à établir des prévisions de trésorerie à 3 ou 6 mois. Ces prévisions vous permettront de faire apparaitre vos besoins.
    Les prévisions de trésorerie s’établissent à partir des encaissements et décaissements. Des prévisions au-delà de 24 mois ne sont plus très fiables…

  • Le dirigeant d’entreprise, un chef d’orchestre qui doit savoir jouer de tous les instruments…

  • Afin de préserver la trésorerie nécessaire à son BFR, il faut financer tout ce qui est finançable en respectant la règle financière d’or : la durée des capitaux utilisés par une entreprise pour financer une immobilisation doit toujours être sensiblement égale à la durée d’amortissement de l’immobilisation financée.

    Ex : un matériel dont la durée d’amortissement est de 5 ans, doit être financé par un crédit (ou crédit-bail) d’une durée de cinq ans.

  • Emprunt, crédit-baux, location financière de longue durée sont aujourd’hui tous des financements à taux comparables.

  • Les banques préfèrent financer des investissements en matériel, immeubles, fonds de commerce, etc… et sont plus réticentes à financer les besoins en fonds de roulement.

  • Ne négligez pas vos demandes de remboursement de crédit de TVA, s’il y a lieu.

  • Votre trésorerie dépend en grande partie de vos encaissements clients. N’hésitez pas à pratiquer la relance client systématique.
    Certains clients ne règlent qu’après une relance, malgré leur obligation légale de régler à 45 jours ou 60 jours…. Ne devenez pas le banquier de vos clients.

  • Faire appel à l’affacturage permet à une entreprise de céder et d’encaisser rapidement ses factures clients impayés, même si cela a un coût qui correspond au service du recouvrement des impayés.

  • Si vous connaissez des problèmes de règlement fournisseurs, n’hésitez pas à anticiper une demande de délais auprès de vos fournisseurs, plutôt que de les mettre devant le fait accompli.

  • L’adhésion à un syndicat ou à une association professionnelle (CAPEB, CEPME, MEDEF, etc…) peut vous permettre de bénéficier de certains avantages et conseils.

  • Si vous disposez d’une trésorerie confortable, pratiquez l’escompte pour règlement comptant.
    Certains fournisseurs en ont besoin…
    Payer un fournisseur comptant avec 2% d’escompte au lieu de 45 jours équivaut à un placement au taux de 16%…
    Avec en plus « la cote de crédit » acquise auprès de son fournisseur.

  • Ne pas confondre :
    – L’escompte pour règlement comptant qui a un caractère financier attaché au règlement.
    – Avec les RRRO (rabais, ristourne, remise obtenus) qui sont des réductions à caractère purement commercial.

  • Payez le plus tard possible, mais respecter toujours les limites légales :
    –  45 jours fin de mois
    – Ou 60 jours à date de facture
    Le droit à l’erreur ne peut être évoqué, en matière de retard de paiement.
    (Loi PACTE du 22 Mai 2019).

  • Négociez vos conditions bancaires, mais n’oubliez pas que votre banque doit gagner sa vie… comme vous et doit être rémunérée pour les services qu’elle vous apporte.
    Négocier, ne signifie pas que l’on puisse satisfaire toutes ses demandes…

  • Le découvert n’est pas le financement systématiquement le plus cher :
    Pour un même besoin, il vaut mieux pratiquer un découvert pendant 8 jours à 10% plutôt qu’escompter une traite durant 30 jours à 6%…

  • Renseignez-vous auprès de votre interlocuteur bancaire sur les possibilités de financement à court terme, qu’il peut vous apporter :
    Escompte, Dailly, affacturage (par le biais de la filiale de sa banque), découvert, billets de trésorerie, crédit de campagne ou saisonnier, facilité de caisse et même un prêt de restructuration de fonds de roulement.

  • Entretenez toujours de bonnes relations avec votre interlocuteur bancaire.

  • Lors de difficultés financières passagères, il existe des dispositifs gratuits (sauf intérêts de retard) qui peuvent vous apporter une aide précieuse :
    – Demande de délais courts auprès de l’URSSAF ou du trésor public pour le règlement des charges sociales et des impôts (TVA).
    – Demande générale de délais auprès de la CCSF.
    – Solliciter le médiateur du crédit (Banque de France) si les problèmes rencontrés et les difficultés ne sont que financières et bancaires.

Principales causes des retards de paiement :

  • 41% retard délibéré de paiement (très regrettable)
  • 27% difficultés financières des clients
  • 24% problèmes d’organisation chez les clients : négligence, lenteur, blocage entre services…
  • 3%     litiges et contentieux

—> 500 factures sont envoyées chaque seconde dans l’Union Européenne, mais seules 200 d’entre elles seraient réglées dans les délais.
(Thierry MILLON – Directeur des études ALTARES)

—> Plus de 58 millions d’euros d’amendes ont été infligés à des entreprises pour retard de paiement en 2025.

Les crises de trésorerie doivent être anticipées et non pas être subies…
Grâce à l’établissement de prévisionnel de trésorerie !

DI MARTINO Michel
Expert-comptable
Commissaire aux comptes
Docteur en Droit Privé