LE FINANCEMENT DES INVESTISSEMENTS
Une règle d’or à respecter :
La durée des capitaux utilisés par une entreprise pour financer une immobilisation doit toujours être sensiblement égale à la durée d’amortissement de l’immobilisation financée.
En d’autres termes, un matériel dont la durée d’amortissement est de 5 ans, doit être financé par un emprunt, une location financière ou un crédit-bail d’une durée de 4 ou 5 ans.
Tous ces financements ont aujourd’hui des taux comparables.
Pourquoi ? La réponse est simple :
Ce sont les ressources financières générées chaque année par l’amortissement de l’immobilisation financée, qui permettront et assureront chaque année, le remboursement des emprunts.
Exemple : (simple)
Une entreprise a financé l’achat d’un matériel d’un montant de 100 000€, amorti sur 5 ans, par un emprunt de 100 000€, remboursable en 5 ans.
Remboursement annuel de l’emprunt : 100 000 / 5 = 20 000€
Amortissement annuel du matériel : 100 000 / 5 = 20 000€
Dans notre exemple, la trésorerie secrétée par l’amortissement annuel du matériel d’un montant de 20 000€, permettra de faire face au remboursement annuel de l’emprunt, également de 20 000€.
L’équilibre financier entre la trésorerie secrétée par l’amortissement et le remboursement de l’emprunt sera, chaque année, réalisé.
Il y a manifestement un parallèle entre l’amortissement d’une immobilisation et l’amortissement de l’emprunt qui a financé cette immobilisation.
Il faut toujours financer ce qui est finançable afin de conserver sa trésorerie de précaution.
Rappel :
Sur le plan financier, l’amortissement, charge non décaissable du compte de résultat, correspond à une ressource interne de financement propre.
Il est une composante de l’autofinancement qui permet de rembourser les emprunts, lesquels ont permis d’acquérir ou de renouveler les immobilisations amorties.
Le chef d’entreprise ne doit pas perdre de vue qu’un investissement en matériel doit :
- Secréter, par son amortissement, la trésorerie nécessaire au remboursement des échéances de l’emprunt qui a permis de l’acquérir
- Générer un profit pour permettre à l’entreprise de se développer
- Les capitaux permanents (fonds propres, dettes à long terme, comptes courants d’associés…) doivent être les capitaux de base qui financent l’entreprise
- Ne jamais utiliser la trésorerie nécessaire au BFR pour financer des investissements (ce processus augmente le risque de liquidité et peut provoquer la cessation de paiement)
À noter :
On ne finance pas un investissement :
- Comptant
- Par un découvert, par de l’escompte ou du Dailly, par de l’affacturage….
- Sur une durée trop courte
- Par un montant de crédit insuffisant
- Autofinancer ses investissements, c’est prélever de la trésorerie et parfois priver l’entreprise des disponibilités nécessaires à son BFR
- Une entreprise possédant une trésorerie confortable peut toujours financer ses investissements « comptant » dès lors que ce financement ne gêne pas le financement du BFR et qu’elle conserve une encaisse de précaution.
Un principe financier : l’emprunt qui a financé une immobilisation, doit être remboursé par l’amortissement et les bénéfices générés par cette immobilisation.
Investissements perlés
Attention aux investissements « perlés », réalisés tout au long de l’exercice, réglés par prélèvement sur la trésorerie et non financés par des prêts (ou crédit-baux…) à moyen ou long terme. Ces investissements non financés consomment à tort la trésorerie nécessaire au BFR et créent des difficultés à l’entreprise.
Solution de réparation…
Prendre, le plus tôt possible, contact avec son banquier pour financer à postériori les acquisitions d’immobilisations non financées afin de reconstituer la trésorerie prélevée à tort du BFR.
N’oubliez pas : la trésorerie est le carburant de l’entreprise. Dès que le réservoir est vide, le véhicule est à l’arrêt !
DI MARTINO Michel
Expert-comptable
Commissaire aux comptes
Docteur en droit privé
23/06/2026